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l'enfance comme jamais le monde n'a osé le faire !
interview: infos_tox_jeunes_refusparlement
Situation
selon la partie bureaucratique des divers organes européens sur
les drogues. sur site le 29/09/2003
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téléchargeables et pages Htm.
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Le débat sur la dépénalisation est
remis à des jours meilleurs. [TSR] |
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Les députés de la chambre du peuple ont
refusé d’entrer en matière sur la révision de la loi sur
les stupéfiants.
Les opposants à la dépénalisation du cannabis remportent une
bataille. Le directeur adjoint de l’Institut de prévention
des toxicomanies fustige ce «manque de courage.»
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| La dépénalisation
du joint divise le parlement
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Le Président
de la Confédération avait plaidé pour une politique plus réaliste
en la matière. En vain.
Par 96 voix contre 89, la Chambre du peuple (Conseil national) a
refusé jeudi d'entrer en matière sur la révision de la loi
sur les stupéfiants qui prévoit de dépénaliser la
consommation de cannabis.
A l’issue d’un débat passionné entamé mercredi, les députés
ont donc pris jeudi le contre-pied des sénateurs de la chambre
des cantons (Conseil des Etats) qui avaient accepté la révision
de cette loi en décembre 2001.
L’institut de prévention de l’alcoolisme et autres
toxicomanies (ISPA) a toujours prôné la dépénalisation de la
consommation du cannabis. Tout en refusant de la banaliser.
La réaction de son directeur adjoint, Michel Graf.
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swissinfo:
Quelle est votre première réaction face à ce nouveau report?
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Michel Graf: Je
suis consterné par le manque de courage politique qui s’est
une fois de plus manifesté. Ce refus montre que les politiciens
ne sont pas du tout à l’aise avec un sujet de santé
publique.
Ils mélangent les valeurs morales, qu’ils ont le droit de défendre,
avec les intérêts de la santé publique qu’ils devraient
aussi défendre.
Ce qui fait que les consommateurs continuent à être considérés
comme des criminels, et donc sanctionnés par un juge.
Alors que l’ISPA aimerait les considérer comme des personnes
à risques, - surtout si ce sont des jeunes. Et donc pouvoir
entrer en dialogue avec eux.
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swissinfo:
Les raisons invoquées pour reporter le débat sont-elles
politiques et liées aux prochaines élections fédérales ou
correspondent-elles à un réel changement de perception du
cannabis dans la société?
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M. G: Je pense
qu’il y les deux. D’une part, une tactique électoraliste:
le parlement ne veut pas se dévoiler avant les élections sur
ce sujet de société extrêmement complexe.
Justement, comme le sujet est complexe, les spécialistes
n’ont pas réussi à expliquer ce que dépénaliser veut
fondamentalement dire.
Et que les enjeux sont moins de l’ordre du laisser-faire que
de se donner des moyens beaucoup plus clairs et efficaces pour
contenir cette consommation. Afin aussi que notre message
d’adulte, aux adolescents en particulier, soit plus clair.
Aucun politicien ne souhaite voir tout le monde fumer. Mais la réalité
indique bien qu’interdiction pénale ou pas, une proportion de
la population continue à le faire.
Et nous, dans les milieux de la santé publique, nous voulons
que ces personnes soient accompagnées et informées, avant que
leur consommation ne devienne problématique. Et qu’elles
deviennent effectivement des criminels.
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swissinfo: On
a l’impression qu’on retourne aux arguments qui prévalaient
dans les années 80. Pourquoi?
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M. G: Les grands
mythes sur la consommation de cannabis semblent avoir la vie
dure. Mais ce retour en arrière est difficile à expliquer.
Il y a certainement un côté revanchard autour de
l’initiative «Jeunesse sans drogue» refusée en 1997 par le
peuple.
D’un autre côté, de nouvelles études sèment le doute sur
la réelle toxicité du cannabis d’aujourd’hui.
Mais là aussi, on mélange l’élévation des taux de THC (la
substance active) qui génère un certain nombre de dangers
psychiques et la toxicité pure du produit qui n’est à ce
jour pas associée au taux de THC.
Ces considérations scientifiques n’ont pas été prises en
compte. J’ai donc l’impression qu’on crie au loup parce
qu’on ne comprend pas.
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swissinfo: Les médias
se sont d’ailleurs fait largement l’écho de ces études qui
contredisent la relative innocuité du cannabis.
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M. G: Ces
derniers mois, chaque fois que quelqu’un de plus ou moins
scientifique disait quelque chose sur le cannabis, c’était
fortement relayé.
On nous a asséné que la toxicité du joint équivalait à 4 ou
5 cigarettes. Thèse qui n’a finalement pas été validée par
la communauté scientifique.
On a ensuite relayé les propos très préoccupés d’un
certain nombre de spécialistes de la psychiatrie adolescente
qui, certes, ont constaté des problèmes.
Mais on a négligé de dire qu’il s’agit d’une minorité.
Alors que la majeure partie des consommateurs épisodiques de
cannabis ne subissent heureusement pas de conséquences négatives
suite à leur comportement.
On a confondu la consommation occasionnelle qui est le fait
d’un certain nombre de jeunes et d’adultes avec la
consommation régulière, chronique qui est de toute manière
dangereuse quel que soit l’âge.
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swissinfo: L’ISPA
va donc devoir continuer à informer?
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M. G: Oui,
encore et encore. Alors que nous étions déjà pionniers en la
matière. Nous allons continuer à informer de la manière la
plus objective qui soit. En n’occultant pas les points sur
lesquels on n’est encore sûr de rien.
Mais c’est justement sur ces zones d’ombre que jouent les
opposants à la dépénalisation du cannabis. En prétendant
qu’il vaut mieux faire comme si le problème n’existait pas.
Mais en ce qui nous concerne, notre plus grosse tâche, celle
qui nous préoccupe le plus, c’est la prévention et la
sensibilisation des parents et des acteurs sociaux.
Ils doivent comprendre que ce n’est pas parce que le débat
s’éternise que la situation va disparaître. Et actuellement,
il règne un flou extrêmement grave. Plus personne ne sait de
quelle loi on parle.
Les opposants à la loi voulaient plus d’éclaircissement en
repoussant le débat. Mais le débat s’obscurcit plutôt. Le
monde politique a donc été très incohérent, à ne pas oser
prendre de positions.
Quelle que soit la loi, le travail des éducateurs et de la prévention
sera toujours de rappeler que la consommation de cannabis
n’est pas souhaitable et qu’elle doit rester aussi épisodique
que possible.
swissinfo-interview, Anne Rubin
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| 25.09.2003 17:54 |
site:webmaster:
contacteznous
07.02.2005 21:49:07
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