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Qualité démarches

[TQM aperçu du Total Quality Management]  Plan Assurance qualité [indicateurs de la Qualité]

[ production

[ Kaïzen ]

Petit saut chez les collègues de la prod. IoI Quelques exemples. 

Présentation ISA.

Enter the world of automation and control at ISA EXPO 2004

http://www.appcluster05.com/App/homepage.cfm?moduleid=651&appname=353 

ISA EXPO 2004 offers the most complete automation and control experience in today’s marketplace. http://www.isa.org/template.cfm?section=Professionals_and_Practitioners   En ligne le 15/07/2004

 

S88.02 : une nouvelle avancée dans le contrôle flexible des procédés de fabrication par lots

Quelques exemples de document ci dessous et exemplaires à télécharger dans la colonne de droite.

 

ISA aide des individus autour du globe, avec des carrières dans la technologie, de R & D, de technologie, d'instrumentation, d'automation, et de ventes. Ils fonctionnent dans un choix divers d'industries, bâtiment, actionnant et maintenant les processus qui font tout de la qualité d'air de moniteur pour construire des avions. 

Instrumentation, systèmes, et automation (i.s.a.) les professionnels sont essentiels à chaque processus de fabrication. Tous les efforts industriels sont le résultat d'une série d'opérations complexes - systèmes. Et les systèmes complexes doivent être réglés utilisant de divers dispositifs de mesure et de commande - instrumentation. Et souvent ces systèmes et instruments utilisent les dispositifs programmables de réponse et d'action - automation. 

Pour i.s.a. les professionnels de a., technologie change rapidement, avec plus d'information hors de là que les professionnels ont le temps à assortir par seulement. Par l'entrée des professionnels dans le monde entier, ISA a la réponse à presque n'importe quelle question technique, sauvant le temps où elle prend à la recherche dans les endroits multiples pour information. 

En participant à la société, i.s.a. les professionnels et les praticiens de a. sont plus futés sur des questions d'industrie, plus valables à leurs compagnies, et plus efficaces à leurs travaux. Pur et simple, ISA est l'une source impartiale essentielle à la connaissance de world?s de l'instrumentation, des systèmes, et de l'automation. 

  

Article S88.02 pour MESURES N°714 AVRIL 1999

L’ISA

L’Instrumentation Society of America est une association multinationale d’origine américaine sans équivalent par sa taille (500000 membres, mais seulement une centaine en France) et par son influence dans tous les domaines du contrôle de procédé, des techniques de mesure et d’action sur le process jusqu’à l’intégration des ressources de production dans la « supply chain » en passant par les réseaux de terrain, le graphisme des boucles de régulation…

L’origine culturelle de l’ISA fait de cette association le lieu privilégié de rencontre des spécialistes du contrôle des procédés. L’industrie manufacturière s’y reconnaît moins, mais l’ISA tend à devenir un élément fédérateur de la couche « exécutive » du système d’information.

L’ISA est une organisation complexe, et on peut noter parmi ses principales activités :

22 divisions technologiques et scientifiques correspondant aux nombreux domaines d’intervention de l’ISA

Un programme de formation élaboré, mais supporté essentiellement aux USA

La revue mensuelle INTECH

De nombreuses publications techniques

Le site web www.isa.org

Animation d’expositions et de conférences.

La conférence technique ISA TECH (se déroulera cette année à Düsseldorf à l’occasion d’INTERKAMA du 18 au 20 octobre)

Les comités « SP » (Standards and Practices) qui élaborent les standards (plus de 100 publications)

Les sections locales qui gèrent les structures à l’extérieur des Etats-Unis.

La section ISA France est dirigée par Rolland COLLAY, de l’école des Mines de Saint-Etienne (collay@emse.fr).

Les comités SP de l’ISA

Il existe une vingtaine de comités SP actifs à l’ISA. Le but de ces comités est de produire des documents de standardisation visant à matérialiser, formaliser, mettre en valeur un savoir-faire ou une technique. Il s’agit de faciliter l’application de ces techniques et d’en assurer la diffusion.

L’ISA est agrée ANSI de telle sorte que ces standards sont des normes de fait aux Etats-Unis. Les standards sont généralement soumis à l’IEC qui les approuve et les publie en tant que norme internationale ISO.

La création de ces comités est issue d’initiatives diverses après enquête d’utilité et de non-recouvrement avec les travaux d’autres organisations. Les spécialistes de toutes nationalités concernés par l’objet du comité sont invités à y participer. Chaque comité est dirigé par un président et nomme ses membres votants parmi les plus assidus selon des règles définies par le comité lui-même selon ses buts (Par exemple, la communauté des utilisateurs doit représenter un ratio déterminé).

Les comités utilisent généralement 2 moyens de communication :

Réunions périodiques « physique »

Internet (répertoire sur le site FTP de l’ISA, liste de diffusion)

Tous les documents produits par l’activité du comité sont mis à disposition des membres (Brouillons successifs du standard, études des groupes de travail, comptes-rendus des rencontres)

L’activité peut se dérouler selon plusieurs axes :

Réunions de travail

Rédaction des documents conformément aux décisions prises lors des réunions

Commentaire des documents par tous les membres

Création de groupes de travail ou délégation de tâches pour traiter des aspects particuliers

Développement de maquettes pour valider les travaux.

On peut citer parmi les SP actifs la participation de l’ISA dans la « Fieldbus Fundation » pour les bus de terrain (SP50), le pilotage des procédés par lots (SP88) et l’intégration système exécutif / entreprise (SP95).

 

Intégration des analyses en ligne dans les opérations du process Batch

Intégration des analyses en ligne dans les opérations du process Batch

Mots clé

Contrôle du process Batch, Ordonnancement à capacité finie, Analyse qualité, Ajustements matières, Echantillonnage, Information procédé réduite, LIMS, MES, ERP, FCS, S95.01, S88.01

RESUME

Cet exposé présente une solution développée pour assister les processus de gestion de l’assurance qualité en production d’une unité de polymérisation. Cette solution vise à permettre :

Une gestion dynamique de l’analyse qualité synchronisée avec les données de l’ERP et les activités de production

Une exécution des procédés indépendante du facteur humain

Une information complète et précise sur le comportement du procédé

Les analyses qualité peuvent être exécutées par l’équipe du laboratoire ou par les opérateurs de fabrication eux-mêmes. Les analyses à effectuer dépendent du produit et de l’opération process courante. Elles sont souvent itératives, liées à des ajouts de matières ou des ajustements des points de consigne. Les spécifications qualité sont attachées de préférence aux données client et produit fini de l’ERP. Les relations entre le laboratoire et l’exploitation impliquent une gestion en temps réel des ordres d’analyse et des rapports de leurs résultats.

La solution présentée propose une voie pour délivrer les spécifications qualité liées au plan de production de l’ERP et pour obtenir des rapports d’analyse attachés au rapport d’exécution de production renvoyé vers l’ERP. La spécification qualité inclut la formule pour calculer les ajustements matières. Les échantillons sont considérés comme des sous-opérations dans le processus de fabrication, et comme des ordres de travaux dans l’activité du laboratoire. Le système réalise un couplage étroit en temps réel entre les règles de fabrication, les transferts de matières et le contrôle qualité au niveau de l’exploitation, et un lien asynchrone sécurisé de l’information qualité entre l’ERP et le système de production.

Le nouveau système n’a pas encore été totalement implémenté au moment de la rédaction de cet exposé. L’intégration des analyses qualité a été conçue de façon à être connectée aux fonctions de gestion des matières et des opérations du nouveau système de supervision de la production. Les bénéfices de ce projet seront indiqués lors de la présentation.

Introduction

L’usine CRAY VALLEY de Drocourt produit des résines polymères par synthèse et mélange. Le renouvellement du système d’information de l’entreprise basé sur un nouveau système ERP imposait de reconsidérer le pilotage de la production selon plusieurs points de vue :

Synchronisation des règles de production entre l’ERP et le système de contrôle

Synchronisation de la production et du conditionnement

Optimisation de l’usage des ressources

Gestion des stocks matières

Information détaillée de production

Gestion des analyses qualité

Le sujet de cette présentation concerne principalement le contrôle qualité en production et son intégration à travers la frontière Gestion / Production. Bien qu’il ait été spécifié avant la publication de cette norme, le modèle de données utilisé pourrait illustrer un exemple d’application de la norme ISA S95.01.

L’intégration n’est pas un but en soi. Pour ce qui concerne le contrôle qualité, les véritables objectifs étaient de :

Proposer une gestion de la qualité flexible et cohérente qui permette les changements de dernière minute des exigences qualité vis-à-vis du produit ou du client

Récupérer le savoir-faire des opérateurs et capturer le comportement du procédé

Obtenir des performances reproductibles en atteignant les spécifications requises de la même manière quelle que soit l’équipe d’exploitation

Les considérations suivantes ont conduit à la solution exposée :

Le système d’information doit être cohérent entre les exigences de qualité produit et client, le processus d’analyse et les résultats qualité permettant d’automatiser le processus de gestion de l’assurance qualité en production

Les spécifications qualité sont attachées de préférence aux données produits et clients de l’ERP

Les analyses peuvent être exécutées par le laboratoire ou par les opérateurs eux-mêmes

Les relations entre les équipes du laboratoire et de l’exploitation impliquent une gestion en temps réel des ordres d’analyse et de leurs résultats

Les analyses à effectuer dépendent des exigences spécifiques pour le produit et le client et de l’opération process courante

Elles sont souvent itératives, liées à des ajouts matières ou des ajustements de points de consigne pour obtenir la cible prévue ou suivre l’évolution typique des spécifications

Le système LIMS installé était obsolète et devait être renouvelé.

Cette solution est caractérisée par les points suivants :

Les spécifications qualité sont attachées au plan de production délivré par l’ERP.

Les résultats qualité sont attachés aux données de production transférées à l’ERP

Les formules d’ajustement matières font partie des spécifications qualité

Les échantillons génèrent des sous-opérations dans la fabrication du produit et sont traités comme des ordres de travaux dans les activités du laboratoire

Les informations sur les productions passées sont disponibles (résultats d’analyse, ajustements matières). Ceci permet un contrôle de vraisemblance des suggestions du système.

Le système induit un couplage étroit entre les règles de production, les transferts matières et le contrôle qualité, et un couplage asynchrone sécurisé entre l’ERP et le système de production.

Analyses et Contrôle Qualité – Etendue de la présentation

Les activités de contrôle et d’analyse peuvent être classées en plusieurs domaines :

Contrôle de la réception et des stocks de matières premières

Contrôles en ligne et en fin de production

Contrôle au conditionnement et aux expéditions

Contrôle périodique et d’obsolescence des stocks de produits finis

Dans notre cas, les domaines 2 et 3 sont sujets à de fortes contraintes de temps et agissent directement sur les processus qu’ils assistent. Les domaines 1 et 2 sont généralement moins critiques.

Les contrôles de réception des matières ont été exclus du domaine du projet, mais auraient pu être gérés de la même façon sans difficultés particulières.

La production est livrée en vrac ou emballée. L’expédition des produits emballés est découplée et ne nécessite pas de contrôles complémentaires, tandis que la livraison vrac doit être synchronisée avec la production et exige des contrôles spécifiques

Le contrôle du stock de produits finis a été intégré, mais ne sera pas développé ici.

Contrôle en ligne et en fin de production

Le contrôle qualité en ligne d’un produit durant sa fabrication, combiné avec les autres données procédé permet de :

Maîtriser ses caractéristiques aux différentes étapes de la fabrication

Atteindre les spécifications finales

Améliorer la connaissance du comportement du procédé.

Nous remarquons que :

Les variations des caractéristiques des matières en entrée (matières brutes et produits semi-finis), les conditions d’exploitation et les écarts par rapport aux règles de fabrication conduisent à des déviations des caractéristiques attendues du produit.

Ces déviations doivent être corrigées de façon à atteindre les spécifications attendues du produit pour les étapes suivantes de la fabrication ou les spécifications du produit fini.

Les corrections sont principalement des compensations de matières dans notre cas

L’efficacité de la production requiert une optimisation de la durée des opérations ainsi que des actions rapides et adaptées pour compenser les déviations

L’activité du laboratoire est supposée totalement réactive aux besoins de la production, bien que ce département doivent assumer des ordres d’analyse venant d’autres unités et doivent arbitrer ses priorités

L’activité d’analyse peut être assurée par un ou plusieurs laboratoires, et parfois par les opérateurs d’exploitation eux-mêmes. Le travail peut être partagé entre différents acteurs : échantillonnage, analyse, correction matières, assignation du statut qualité

Aperçu du procédé

L’usine met en œuvre 2 procédés principaux pour produire des polymères :

Synthèse à partir de matières premières

Mélange de produits semi-finis et de matières premières

La méthode adoptée et présentée ici était bien adaptée pour les2 types de procédé, ainsi que pour les contrôles sur stock et les ajustements considérés comme des ordres de production inclus dans le plan de production de l’ERP. La figure ci-dessous montre un ordre d’expédition ou de conditionnement lié à un ordre de production (il peut y avoir plusieurs ordres de conditionnement liés à un même ordre de production).

Procédé par synthèse :

Segment de production / Activités Qualité pour la production et expédition synchronisée

 

Opérations de Production

Opérations conditionnement

Segment de Production

Chargement réacteur

Réaction

+ Spec ajustement

Transfert et chargement dilueuse

Ajustement des spécifications

Contrôle avant conditionnement

Conditionnement

Activités AQ

-

Contrôles en ligne par les opérateurs

-

Contrôles en ligne par le laboratoire

Contrôle

Par le laboratoire

Contrôle

Par le laboratoire

Besoins Equipements

Réacteur

Réacteur

Réacteur Dilueuse

Dilueuse

Dilueuse

Conditionneur

Conditionneur

Besoins personnels

Opérateur

Opérateur

Opérateur

Opérateur

Assistant labo

Opérateur

Assistant labo

Opérateur

Assistant labo

Besoins matières

Formule ERP

Ajustements calculés d’après les résultats d’analyse

Formule ERP

Ajustements calculés d’après les résultats d’analyse

-

-

 

Architecture du système d’information

Le système d’information de production est construit autour de 3 sous-systèmes : ERP, DCS et MES

L’ERP (Enterprise Resource Planning) assure la maîtrise des procédés qui définissent les segments de production incluant la formule de base, les classes d’équipement et de personnel requises et les spécifications qualité. Du point de vue S88, le procédé ERP peut être considéré comme un intermédiaire entre la recette maître et la recette Site/Générale tenant compte des besoins en ressources, mais simplifiant les éléments procéduraux.

Le DCS (Digital Control System) utilise un contrôleur de batch S88. Les recettes maîtres sont construites de façon à représenter une vue détaillée des procédés ERP. L’exécution de la recette est synchronisée par le DCS qui envoie des drapeaux à destination de la recette haut niveau ERP/MES. De façon à respecter les contraintes actuelles de sécurité du système de contrôle, aucune information de l’ERP n’est transmise directement. Les ordres de production (10 par jour) sont initialisés et lancés manuellement. Certaines unités sont conduites manuellement.

Le "MES" (Manufacturing Execution System) est une plate-forme de communication avec des applications complémentaires. Il traite les échanges de données et supervise les applications. Il a été développé spécialement par choix stratégique plus que pour des raisons techniques. Les applications sont généralement développées spécifiquement, à l’exception du FCS (Finite Capacity Scheduling, logiciel d’ordonnancement à capacité finie). Cette couche du système d’information a été conçue pour être totalement "transparente", ne gérant que les configurations d’environnement et de sécurité d’accès. Les données opérationnelles sont toujours maîtrisées par leur propriétaire (application d’origine), qui est l’ERP dans la plupart des cas. Ceci est indispensable pour assurer l’intégrité du système et réduire sa maintenance.

Le DCS "pousse" les données process dans la base de données de production en temps réel ou à la fin de la production selon les besoins du système.

Pilotage de la production

Plan de production initial de l’ERP

Le plan de production de l’ERP contient tous les ordres de production validés. Un ordre de production est composé de :

L’information de planification de la production.

Elle inclut le plan de production (ce qui doit être produit, quand et comment) et les liens entre demandes de production, par exemple entre ordres de conditionnement et de production.

Information de définition de production.

Elle inclut les règles de production, les exigences détaillées en matières, les exigences qualité, les exigences en classes d’équipements et de personnel.

Elle est découpée en Segments Produit selon les règles de production (étapes et opérations process). Les règles de production incluses dans le plan de production sont interprétées par le FCS en utilisant des étapes prédéfinies et paramétrées.

L’information de capabilité de production est partagée entre l’ERP et le FCS.

La capabilité matières est gérée directement par l’ERP. Il maintient la liste des lots utilisables, leur emplacement, le mode de conditionnement et les quantités pour chaque besoin élémentaire.

La capabilité Equipement et Personnel est gérée par le FCS

2 plans de production sont gérés séparément et contenus dans 2 bases de données séparées :

Le plan de production courant

Le plan de production simulé utilisé pour vérifier la charge globale de l’usine en regard de la capacité disponible pour le plan ferme et les prévisions court, moyen et long terme de l’ERP, en invoquant les fonctions d’analyse de contrainte du FCS.

 

Ce modèle ne correspond pas exactement au modèle du projet actuel S95.01 (draft 11 June 1999):

Les exigences matières sont supportées par un seul objet plutôt que par 3 entités séparées pour les matières "Produites", "Consommées" et "Consommables".

Un objet séparé supporte les exigences qualités au lieu de les encapsuler dans le modèle matières. Cette conception a été choisie parce que plusieurs ordres de production pour le même produit peuvent mettre en œuvre des exigences qualité différentes selon les exigences du client. Le modèle S95.01 model aurait pu être appliqué, mais de façon moins évidente.

Plan de production exécutable : complété par le Contrôle et le FCS

Le sujet de ce papier est présenté ici. Les segments de production sont découpés en sous-segments générés pour chaque échantillon. Ceci permet de gérer une information détaillée de production au niveau de l’échantillon selon un schéma très simple.

L’échantillonnage est traité selon les exigences qualité. Les ajustements matières recommandés après l’analyse de l’échantillon selon les spécifications des tests qualité sont introduits dans les exigences matières, automatiquement déployés au niveau de la "sous-opération" d’échantillonnage.

En plus de l’altération des matières par le contrôle qualité, ce modèle supporte les altérations de formule pour tenir compte des chargements imprévus de matières (dus aux "sentiments" de l’opérateur, à un manque des matières requises, à une demande du service qualité…)

Le FCS traduit les exigences définies en classes d’équipements par l’ERP en allocations spécifiques ("Réacteur" dans le plan de production initial devient "R151" après traitement par le FCS). Il définit les exigences en personnel. Les ressources en équipement et personnel et leur usage ainsi que La traçabilité des lots de matières ne seront pas davantage détaillées ici, étant exclu de la portée de cette présentation.

 

Exécution de la production et rapport vers l’ERP

L’information de production est enregistrée dans la base de donnée de l’Information de Production Courante pendant l’exécution de la production selon un model semblable au précédent.

A la fin de la production ou à la suite d’une demande particulière, l’information de production est transférée dans la base de donnée séparée de l’Information de Production Historique. Cette base de données peut être utilisée :

Comme référence en ligne du comportement actuel du procédé par les chimistes et les opérateurs

Pour l’analyse hors ligne du comportement du procédé, la recherche des incohérences de transferts de matières, les calculs d’utilisation des équipements, l’analyse Pareto des défauts…

Au même instant, le rapport d’exécution de la production est envoyé à l’ERP. Il consiste en un jeu d’informations consolidées et validées à partir de l’information détaillée de production. Cette information est réduite pour correspondre aux besoins de l’ERP :

Activités des ressources : allocation des ressources, durée de chaque segment de production (seule l’utilisation des équipements est renvoyée)

Transactions matières. L’utilisation et la production des matières est réduite par lot, emplacement et catégorie.

Résultats qualité : résultats d’analyse consolidés pour le produit fini. Ils comprennent les résultats des tests aussi bien que le statut qualité pour la matière produite.

On obtient ainsi une réponse concise à l’ordre de production de l’ERP, tandis que l’information détaillée demeure disponible dans la base d’information de production.

A nouveau, ce modèle ne correspond pas exactement au modèle S95.01 :

Les résultats qualité sont rapportés dans un objet séparé (comme dans le plan de production)

Les résultats qualité et les matières sont rapportés à l’ordre de production, et non au segment de production

Pilotage du contrôle qualité

Planification opérationnelle du Contrôle Qualité

LA NORME S88.02 : UN LANGAGE POUR LE CONTROLE DES PROCEDES BATCH Word

La norme S88.02 : un langage pour le contrôle des procédés Batchs PPT

Les activités du laboratoire sont gérées de la même façon que celles de l’installation de production. Le laboratoire est traité comme une Cellule Process et les échantillons sont considérés comme des ordres d’analyse dans la planification des analyses. De cette manière, le laboratoire principal et les opérateurs qui exécutent des analyses particulières d’auto-contrôle en ligne peuvent disposer de leur propre planification indépendante.

La planification de la production, les segments de production et les informations matières sont cachées (mais disponibles) dans la planification d’analyse, et l’on obtient une gestion intégrée, mais indépendante de ces activités.

Les réponses d’analyse sont rapportées aux ordres d’analyse correspondants (données courantes) et peuvent faire référence aux résultats passés pour le même produit et (optionnellement) le même équipement. Ceci permet une comparaison facile entre les résultats actuels et les ajustements matières avec les sessions de production passées.

L’utilisation du FCS permettrait d’optimiser l’activité du laboratoire.

Conclusions

Le système présenté offre un modèle adapté tout en restant simple pour intégrer l’information de laboratoire dans l’information de production. La solution développée à partir de spécifications contrôlées par l’utilisateur correspond de près aux besoins exprimés par le département de production tout en étant conforme aux besoins de l’ERP vis-à-vis de l’information de production.

Une information complète et précise est disponible pour les formules d’ajustement matières. Chaque ajout matière peut être comparé aux propriétés physico-chimiques du produit obtenues pour les opérations process et l’échantillon qualité correspondant.

L’information nécessaire réduite et validée est remontée à l’ERP tandis que l’information détaillée est conservée au niveau du système de production.

Le travail du laboratoire est géré efficacement, et pourrait être optimisée par un FCS

Le modèle S95.01 n’est pas totalement implémenté et respecté. Toutefois, spécifiée dans l’ignorance de ce standard, cette solution n’en est pas si éloignée et aurait pu être développée en accord avec ses modèles conceptuels.

Le principal bénéfice par rapport au précédent LIMS est un dialogue efficace entre les unités de production et le laboratoire et la gestion qualité centrée sur l’ERP, ce qui simplifie énormément la gestion des données de production.

Inversement, on peut mentionner quelques déficiences :

Principalement développée à façon, l’architecture MES aurait pu être construite en utilisant des composants commerciaux disponibles. Ce choix a conduit à des délais incontrôlables, des incertitudes techniques et des impasses en matières de coût et de budget aussi bien pour l’utilisateur final que le contractant. La société qui a développé les composants du système a disparu avant la fin du projet. Le vendeur de l’ERP a du prendre la responsabilité de terminer et supporter le système.

Le système n’est pas un exemple d’intégration totale, laissant le DCS encore isolé par rapport aux flux d’information descendants de l’ERP. Le partage des responsabilités entre les systèmes de Gestion et de Contrôle n’a pas été résolu : c’est un des principaux défis de la norme S95.01 !

Le système DCS a été écarté du projet. En raison d’une stratégie floue du vendeur du DCS ou d’incompréhensions, ses capacités de gestion de Batch n’ont jamais été prises en compte. Les opérateurs doivent utiliser 2 logiciels différents et la synchronisation avec l’état actuel du process est encore gérée manuellement.

Le standard S88 n’a jamais été considéré (hormis au niveau DCS). Le modèle physique est géré indépendamment dans 3 systèmes (ERP, DCS, FCS)

Ainsi, le principal problème de ce projet est son planning incontrôlé du à une spécification sans fin du système et un développement à façon. S’il devait être repris, sa réalisation pourrait être considérée d’une façon plus efficace :

Utiliser autant que possible des solutions commerciales développée par des éditeurs fiables.

Il aurait été préférable de considérer une utilisation extensive des capacités de gestion batch du DCS, même pour les unités conduites manuellement.

Une équipe de projet plus consistante et un budget plus réaliste auraient probablement conduit à de meilleures options et assuré un contrôle de la planification du projet.

 

Nous espérons que les concepts de base exposés dans cette présentation apporteront une contribution utile pour un bon nombre de projets d’intégration entre les mondes de la Gestion et de la Production.

                                                                                     Résumé

Dans la foulée de la norme S88.01 traitant du contrôle des procédés discontinus, le projet de norme S88.02 propose un modèle de données pour interfacer les applications et échanger les recettes et un langage de description de la Recette, le PFC (pour « Procedure Function Charts ») qui repose sur le modèle de données. Ce langage vise la réduction de la courbe d’apprentissage des nouveaux systèmes et l’amélioration de la communication entre l’Homme et le Système. Cette présentation présente un aperçu du développement et des règles d’utilisation du PFC ainsi que les bénéfices attendus par leur adoption dans l’industrie.

La spécificité des procédés discontinus

Par opposition aux procédés de type Discret (manufacturier) et continus (énergie, pétrochimie…), on distingue les procédés de type Discontinu ou Batch par les caractéristiques suivantes :

Ils opèrent selon un cycle au cours duquel des quantités déterminées de matière sont transformées en produit fini,

La taille des équipements détermine directement la production du cycle,

Le produit fabriqué dépend de la Procédure exécutée par le cycle appuyé par les fonctions élémentaires de chaque équipement.

Il s’agit souvent d’ateliers « flexibles » ou multi-produits.

La chimie, l’agroalimentaire et la pharmacie représentent l’essentiel de ces procédés. La dernière contrainte de flexibilité ajoutée à la complexité relative du contrôle de base des équipements a amené le développement d’une réflexion particulière sur la stratégie de contrôle de ces ateliers : la norme S88.01

La norme S88.01

La norme IEC 61131-3 définit des langages de programmation adaptés au contrôle de base des équipements du procédé. Essentiellement conceptuelle, la norme ANSI/ISA S88.01 / IEC 61512-1 (que nous appellerons « S88 » dans la suite de l’exposé) apporte un niveau supérieur au contrôle de procédé : la flexibilité de l'allocation des ressources et de la stratégie de contrôle. Elle découple les domaines et les responsabilités du contrôle de base des équipements vis-à-vis de la spécification du procédé de fabrication et de l'allocation des ressources (la Recette). Elle peut également s’appliquer à d’autres types de procédés (voir les travaux EBF WG3).

Equipements et Recette

La norme S88.01 sépare le contrôle en deux domaines de responsabilité :

Le contrôle des équipements

La Recette

Le premier domaine est celui de l’Automatique. Le contrôle de l’équipement est par définition indépendant du produit à fabriquer. Il fournit les ressources fonctionnelles de base pour construire la stratégie de fabrication (transformations, transferts d’énergie et de matières).

Le second domaine est celui du Procédé. Il utilise les ressources fonctionnelles des équipements pour accomplir la stratégie de fabrication du produit.

La frontière entre ces domaines définit directement le degré de flexibilité de l’atelier et attribue les responsabilités correspondantes à l’Automaticien d’un côté, au gestionnaire et à l’ingénieur procédé de l’autre.

La Recette est composée de 5 éléments :

Entête

Procédure

Formule (Paramètres, Entrées et Sorties Procédé)

Exigences Equipements

Autres Informations

Hiérarchie de la Procédure

Le contrôle procédural de la norme S88.01 repose sur 4 niveaux hiérarchiques :

Procédure

Procédure Unité

Opération

Phase

Une Procédure est composée de Procédures Unité elles-mêmes composées d’Opérations… Des niveaux peuvent être omis, des niveaux complémentaires peuvent être ajoutés. Ces éléments procéduraux sont appelés de façon générique :

Elément Procédural Recette ou RPE pour la stratégie de fabrication

Elément Procédural Equipement ou EPE pour le contrôle des équipements

On pourra définir des Procédures Recette, Procédure Equipement, Procédures Unité Recette, Procédures Unité Equipement, Opérations Recette, Opérations Equipement, Phases Recette et Phases Equipement.

La séparation entre le domaine de la Recette et le domaine de l’Equipement est du ressort de l’implémentation. Toutefois, la plupart des systèmes de pilotage de Recettes imposent un couplage au niveau de la Phase. (Figure 1)

Figure 1 – Distribution du contrôle procédural entre Recette et Equipement (ISA S88.01 1995)

Types de Recettes

La norme S88.01 propose 3 types de Recettes selon le niveau de détail et l’utilisation :

Recette Générale

Recette Site

Recette Maître

Seule la dernière peut donner naissance à une Recette exécutable, la Recette Contrôle. Les autres Recettes ont d’autres objectifs liés à la création des produits et à la planification. Le rapport ISA TR88.0.03 préconisait le développement d’un langage adapté aux trois types de Recettes, mais cet objectif a été abandonné entre temps. La situation au niveau des Recettes de niveau supérieur est loin d’être claire, et ce problème est placé dans les priorités d’action du groupe SP88 pour les prochains projets de norme.

Contexte général

La norme S88.01 définit le terme Procédure comme « la stratégie pour exécuter un procédé », mais les règles pour spécifier cette Procédure ne sont pas définies. C’est une lacune importante de la première partie de la norme : elle était intentionnelle du fait des opinions variées au sein du comité à cette époque. Le comité SP88 reconnaissait qu’il s’agissait d’un problème important et adopta les 2 résolutions suivantes :

Etablissement d’un rapport sur les formats possibles de représentation des Procédures,

Définition d’une méthode pour la description de la Recette dans la seconde partie de la norme.

Le rapport technique ISA-TR88.0.03 fut publié en 1997. Le travail sur la seconde partie se poursuivit après la publication de ce rapport, et une méthode normalisée pour décrire la logique procédurale des Recettes est exposée dans la section 6 du projet de norme S88.02[1] « Procedure Function Charts ».

La notation PFC a été développée en utilisant des éléments des trois formats discutés dans le rapport technique : Liste, Gantt et SFC (Sequencial Function Charts). A première vue, la notation PFC est proche du SFC, mais plusieurs aménagements ont été développés pour tenir compte des spécificités d’exécution et de documentation du contrôle procédural vis-à-vis du contrôle séquentiel.

La méthode choisie pour la description de la Recette ne prend en compte que la Procédure : L’en-tête, les Exigences Equipements, la formule et les autres informations ne sont pas traités. Par définition, la Procédure supporte la structure de la Recette à laquelle se rattachent obligatoirement les autres catégories d’information. Ces informations ne sont pas normalisées au-delà de la nécessité d’ « indiquer clairement et de façon consistante pour une application donnée leur relation avec la Procédure ».

Les bénéfices attendus d’une méthode normalisée de description de la Procédure sont :

Permettre l’échange des Recettes entre systèmes (en validant les structures de données proposées dans la norme S88.02)

Réduire la courbe d’apprentissage des utilisateurs d’un système à l’autre

Fournir une base commune de dialogue entre les utilisateurs et les fournisseurs

L’aspect normatif de la notation PFC n’impose pas son utilisation exclusive. Il est reconnu que des méthodes alternatives pourront être préférées en fonction des caractéristiques de la Procédure (taille, complexité, exigences particulières de l’utilisateur…).

Les objectifs

Un langage est un ensemble de symboles et de règles utilisés pour communiquer. Dans le cas des systèmes d’information, ils permettent à l’homme de dialoguer avec la machine pour décrire la tâche que la machine doit exécuter et en contrôler son exécution.

La définition précise des objectifs et des contraintes est essentielle pour guider le développement. La liste suivante est partiellement mentionnée en annexe du projet ISA-dS88.02  :

Simple à suivre : il s’agit d’un langage de spécification destiné à être utilisé par des non-informaticiens et non-automaticiens

Facile à construire : peu d’exigences de syntaxe et de symboles à apprendre

Limites clairement définies : symboles graphiques normalisés de Début et de Fin

Description de l’ordre d’exécution non ambiguë : séquence, parallélisme, sélection, convergence…

Expression des relations de coordination : transfert de matières et synchronisations

Support des Niveaux hiérarchiques : symboles uniques, mais différenciés pour tous les niveaux de la Procédure

Support multi-niveaux : mise en évidence de la décomposition possible d’un élément de Procédure

Applicable aux Recettes Maître et Contrôle. Le traitement des Recettes de haut niveau n’est pas retenu pour le PFC.

Indépendant du média : utilisable aussi bien pour une implémentation « papier-crayon » qu’avec un ordinateur capable d’animations graphiques colorées.

Le langage doit permettre de fournir tous les détails nécessaires pour décrire de façon non ambiguë la stratégie de fabrication. A ce titre, il doit donc supporter le modèle d’échange de données défini dans les sections 4 et 5 de la norme S88.02.

La capacité d’extension est induite par l’exigence d’une description non ambiguë. Dans les cas les plus simples, la Procédure peut ne comporter qu’un seul Elément Procédural Recette (RPE) ou une simple liste exécutée séquentiellement. Dans les cas complexes, des logiques conditionnelles et des contraintes de temps peuvent intervenir.

Comparaison des méthodes existantes et proposées

Sur la base des objectifs et contraintes ci-dessus, le comité reconnu que le rapport technique fournissait une analyse précise des options possibles, incluant la plupart des méthodes utilisées par les systèmes de contrôle batch du marché. Ces méthodes sont les suivantes :

Liste d’instruction

C’est la forme la plus simple pour la représentation d’une séquence linéaire (Figure 2). La liste présente l’avantage d’être facile à visualiser.

Paramètres de Phase

Paramètre

Valeur

Type

1

Remplir

Eau

1000 kg

Entrée

2

Ajouter

Sel

50 kg

Entrée

3

Chauffer

Vapeur

50 ¢ C

Process

4

Ajouter

Sucre

30 kg

Entrée

Figure 2 - Liste d'instruction

Historiquement, la plupart des Procédures Recettes ont été décrites de cette façon. Ces Recettes présentaient à l’opérateur une liste numérotée d’étapes à exécuter. S’il est convenable pour des situations simples, ce format n’est pas utilisable dans des cas plus complexes : les parallélismes et séquences complexes avec logique conditionnelle sont très difficiles à décrire clairement avec ce format. L’exemple de la Figure 3 montre à quoi pourrait ressembler une approche textuelle. Il s’agit d’une proposition de langage d’échange « BxL » pour l’échange de données de Recette (non retenu à ce jour). Cette forme évoluée bien adaptée pour la communication entre ordinateurs n’est à l’évidence pas utilisable pour un dialogue efficace avec un être humain… [2]

Figure 3 - Langage Littéral

 

Diagramme de Gantt (modifié)

Figure 4 - Diagramme de Gantt modifié

Les diagrammes de Gantt sont très utiles pour décrire la progression des activités dans le temps. Ils peuvent également montrer de niveaux multiples d’activités. Outils de base de la planification, ils sont relativement bien adaptés pour la description de Procédures Recettes qui consistent en une ou plusieurs Procédures Unité opèrent de façon plus ou moins indépendante avec des points de coordination.

Le diagramme de la Figure 4 présente quelques particularités :

Le déroulement vertical qui se prête mieux à un nombre d’activités successives plus important que les activités parallèles et qui suit la logique du format liste ou du SFC

Les liens de coordination entre Procédures Unité

Le découpage des Procédures Unité en Opérations

Une base de temps relative et non absolue du fait que l’instant de lancement des activités et leur durée ne sont pas connus de manière déterministe avant leur exécution

Toutefois, lorsqu’une logique conditionnelle complexe doit être introduite, le diagramme de Gantt perd son efficacité. Les systèmes de planification utilisent alors les diagrammes de Pert pour traiter ce type d’information et gérer les situations complexes avec des prédécesseurs et des successeurs multiples. Si les diagrammes de Pert sont efficaces pour les systèmes de planification sophistiqués, ils ne sont guère adaptés à la conduite d’une unité de fabrication.

 

SFC

La troisième méthode discutée dans le rapport technique est le Sequential Function Chart (SFC) défini par la norme IEC 61131-3 et basé sur la norme IEC 60848 (GRAFCET). C’est un langage largement répandu et bien accepté. Il offre des moyens puissants pour spécifier la logique conditionnelle, ce qui manque aux précédentes méthodes de type Liste ou Gantt. On note que la plupart des systèmes batch actuels utilisent le SFC pour décrire les Procédures. La Figure 5 montre l’exemple d’une Opération qui active des Phases.

Figure 5 - Représentation SFC d'une Opération

Le graphe SFC décrit bien la logique conditionnelle souvent nécessaire au niveau de l’Opération. Au niveau supérieur de la Procédure toutefois, cette capacité a peu d’intérêt. La Figure 6 montre deux Procédures Unité actives simultanément. Dans ce cas, on ne dispose pas d’information concernant les flux matières, la synchronisation entre les Procédures Unité et leur déroulement général relatif dans le temps. Par exemple, la Procédure Unité Réaction n’est pas supposée démarrer avant que la Procédure Unité Préparation n’ait atteint une certaine situation. Le graphe ne montre pas cela parce qu’il doit placer toutes les Procédures Unité dans la même structure séquentielle parallèle.

Figure 6 – Représentation SFC d’une Procédure Unité

 

En conclusion

Chaque approche présente des avantages et des inconvénients, et le rapport ne conclut pas sur une recommandation. Deux autres problèmes n’ont pas été mentionnés par le rapport, bien qu’ils soient critiques pour la description de la Recette : l’utilisation de niveaux multiples dans la hiérarchie et la séparation entre les Eléments Procéduraux Equipement et Recette.

Autres apports

Chaque constructeur de système ou éditeur de solutions pour le contrôle batch a développé son propre langage. Cette diversité des approches qui provoque la confusion des utilisateurs a été un élément moteur pour le développement du PFC. Les acteurs majeurs ont participé à l’élaboration de ce langage. Chacun s’est battu pour conserver les atouts de sa propre solution dans la norme.

Pendant cette évaluation, d’autres travaux ont été étudiés. On doit signaler par exemple les travaux remarquables de Karl-Erik Arzen et Charlotta Johnsson sur le « High Level Grafchart ». Ils proposent une évolution sans compromis du Grafcet vers une forme objet et démontrent son application dans le contrôle discontinu [3] [4] [5] [6].

Les travaux de révision de la norme IEC 60848-1988 pour permettre de spécifier de multiples niveaux de graphe offraient également un champ de réflexion intéressant [7] [8] [9]

La notation résultante du Procedure Function Chart s’est inspirée du High-Level Grafchart et des modifications proposées pour la norme IEC 60848.

Développement des « Procedure Function Charts »

Cette évaluation concluait donc qu’aucune méthode existante ne convenait pour répondre à tous les objectifs et contraintes énoncés à tous les niveaux et pour tous les degrés de complexité des Procédures. Par contre, il était reconnu que chacune des méthodes discutées dans le rapport technique avait des caractéristiques intéressantes qui, combinées entre elles, pouvaient contribuer à définir une nouvelle méthode efficace. Il était également reconnu qu’une méthode similaire à celle proposée par la révision des macro-étapes de la norme IEC60848 permettrait de supporter les niveaux multiples dans la Recette.

La notation PFC a été développée et révisée sur une période de 4 années marquées par des faux départs et des marches arrières. Chaque fois que de nouveaux membres se joignaient au comité, de nouvelles discussions et de nouvelles alternatives surgissaient. Il s’avéra impossible de développer une méthode satisfaisante dans l’esprit de chacun. Compromis et concessions ont été le terrain du consensus sur la méthode de description retenue.

En guise de parcours simplifié du processus de développement de la notation PFC, il peut être utile de considérer quelques éléments qui ont guidé sa genèse :

L’influence du format Liste est visible dans le principe des Transitions Implicites (discutées plus loin) qui permet de décrire une simple liste d’Eléments Procéduraux.

La capacité du diagramme de Gantt à représenter la notion de durée et la synchronisation apparaît dans la possibilité de dessiner des éléments procéduraux de longueur fonction de leur durée relative.

L’influence du SFC est évidente : Utilisation de sélections de séquences et de séquences simultanées, alternance Transition – Etape – Transition.

Bien que le terme "Macro Etape" ne soit pas utilisé, le concept mis en avant par le projet de révision de la norme IEC60848 est reflété dans la notation PFC.

La séparation entre la logique de la Recette et celle de l’Equipement a conduit à définir une spécification particulière pour l’activation et l’évaluation des Transitions.

Il existe une différence fondamentale entre la logique procédurale de la Recette et la logique séquentielle de l’entité d’équipement. La logique d’équipement, quel que soit le langage, doit toujours être responsable de la conclusion de son traitement. La décision de l’entité d’équipement peut être basée sur des signaux externes sans filtrage interne, par contre, la capacité de la logique d’équipement à traiter ses tâches ménagères ou d’autres activités lors d’une demande de fin d’exécution est critique. C’est la ligne de raisonnement qui à conduit à définir un comportement différent de la relation RPE-Transition du PFC de la relation Etape-Transition du SFC.

Les spécificités Process telles que l’allocation des ressources, les transferts de matières, la synchronisation et les activités asynchrones sont prises en compte par la notation PFC.

La Procédure Recette doit montrer l’orchestration de Procédures Unité relativement indépendantes même lorsqu’elles se décomposent en éléments de niveau inférieur (Opérations, Phase).

 

 

Notation du « Procedure Function Chart »

La notation présentée ici est définie dans le projet de norme ISA-dS88.02 dans son état au moment où ce papier est rédigé. Il est possible que cette notation soit modifiée avant que ce projet ne soit confirmé comme norme ANSI/ISA et IEC à l’issue du processus d’approbation actuellement en cours. Les indications fournies devront donc être confrontées à la publication officielle en cas de référence future.

L’objectif de cette présentation n’est pas de proposer une référence complète du langage PFC qui devrait fait l’objet de publications ultérieures. Il s’agit d’une brève vue d’ensemble de la notation au travers de quelques exemples.

Les symboles utilisés dans la notation PFC sont les suivants :

Figure 7 – Symboles PFC

PFC « Procédure Opération »

Le plus bas niveau hiérarchique de la Procédure Recette est la Procédure Opération qui décrit les enchaînements des Phases Recette, elle-même couplées (au besoin) aux Phases Equipement. Ce cas limite où la Recette détermine les enchaînements procéduraux au plus bas niveau de la hiérarchie S88 correspond au niveau de couplage exclusif de la plupart des moteurs d’exécution batch.

La Figure 8 montre comment décrire une Opération simple de 2 Phases en utilisant les symboles PFC. Les symboles de Début et Fin indiquent où commence et où se termine l’exécution du PFC. Le diagramme est développé verticalement du début à la fin. Les liens directs connectent les différents symboles et déterminent l’ordre d’exécution du diagramme.

Figure 8 – Procédure Opération PFC

Les Phases Recette correspondent à des Phases Equipement qui peuvent être implémentées en logique programmée dans un contrôleur de procédé (processeur SNCC ou Automate). Ces 2 Phases sont représentées différemment pour mettre en évidence l’utilisation des Transitions Implicites et Explicites.

Transition Implicite

La Phase Remplir utilise une Transition Implicite. Elle est programmée de telle sorte qu’elle passe à l’état « Terminé » lorsqu’elle atteint son objectif (dans ce cas : atteindre le niveau de 4 mètres). Cet objectif a été défini en utilisant un paramètre transmis à la Phase au lieu d’une condition de Transition. La Phase suivante Purger doit démarrer dès que la Phase Remplir atteint son objectif. On considère dans ce cas qu’il n’est pas nécessaire de représenter une Transition entre ces 2 Phases : les Phases s’enchaînent naturellement par le seul jeu de leur exécution. Lorsqu’une Transition n’est pas décrite parce qu’elle correspond à la fin de l’élément procédural précédent sans aucune autre condition, elle est appelée Transition Implicite. La notion de Transition est maintenue dans le but de respecter la règle Etape-Transition-Etape de la norme IEC 61131-3.

Figure 9 –Transition Implicite

La Figure 9 développe le concept de Transition Implicite. Par définition, la Transition Implicite est une convention qui autorise à ne pas représenter dans le PFC la condition « Elément Procédural Equipement Terminé ». Dans la plupart des applications batch, les Eléments Procéduraux Equipement sont programmés par l’automaticien pour être lancés par la Procédure Recette et poursuivent leur exécution en utilisant les paramètres de formule appropriés chargés avant l’exécution. Ceci est un problème critique du contrôle batch : l’Elément Procédural Equipement contrôle toujours lui-même sa fin d’exécution, même si une Transition Explicite du PFC la requiert. Ce mécanisme est naturel pour l’auteur de la Recette.

Il s’agit d’une différence majeure avec le SFC : lorsqu’une Transition est évaluée vraie, les étapes précédentes sont immédiatement terminées, et il n’existe aucune opportunité pour poursuivre les « tâches ménagères ». Une interruption soudaine des Eléments Procéduraux Equipement n’est pas adaptée aux applications batch, et on remarquera que beaucoup de systèmes utilisent une forme altérée du SFC pour contourner ce problème.

Transition Explicite

Dans le cas de l’exemple précédent, on aurait pu représenter une condition « Vraie » ou « Niveau atteint » ou « Phase de remplissage terminée ». Si une telle information est ressentie comme nécessaire, elle pourra être décrite à l’aide d’une Transition Explicite.

Figure 10 –Transition Explicite

Une Transition Explicite suit la Phase Recette Purger. Cette Phase est programmée dans l’équipement pour vider le réacteur. Après que cette Phase ait été lancée, la logique de la Phase Equipement ne fermera la vanne de purge que lorsque l’ordre lui en aura été donné par l’exécution du PFC lorsque la Transition « Niveau <= 1 mètre » sera devenue vraie. La Phase ferme la vanne, effectue les actions nécessaires et passe à l’état « Terminé ». Le PFC franchit alors la Transition, atteint le symbole Fin, et conclut l’exécution de l’Opération

On voit que dans ce cas (enchaînement simple entre 2 éléments procéduraux) l’utilisateur a le choix d’utiliser une Transition Explicite ou Implicite avec les mêmes effets. La possibilité de choisir le type de Transitions implique une coordination entre l’automaticien qui développe la logique des Eléments Procéduraux Equipement et l’ingénieur qui décrit le procédé de fabrication.

La description des conditions attachées aux Transitions Explicites n’est pas imposée par la norme. Les applications peuvent utiliser des notations particulières ou faire référence à la norme IEC 61131-3.

Règles de représentation et paramètres

La norme n’impose pas de couleurs pour le diagramme ni de façon de représenter les paramètres. Ils doivent simplement être accessibles à partir de l’élément procédural correspondant.

Début et fin

Les premiers projets imposaient l’utilisation d’un seul symbole de départ et d’arrivée par graphe. L’utilisation de graphes à entrées et sorties multiples est désormais permise pour décrire des Procédures parallèles asynchrones avec évolutions multiples. C’est une nouvelle différence importante avec le SFC.

A la différence du SFC, il n’y a pas d’étape initiale. Celle-ci est unique dans le cas du SFC, alors que la notation PFC autorise l’exécution simultanée de plusieurs éléments procéduraux au lancement de la Procédure. Ceci est possible grâce au symbole de Début.

Ces symboles ne sont pas exécutés et ne supportent pas d’informations. Ils représentent seulement des positions.

PFC « Procédure Unité »

La Figure 11 représente une Procédure Unité qui détermine les enchaînements des Opérations. A ce niveau, l’élément procédural peut contenir un PFC de niveau inférieur (Opération Recette manipulant des Phases ) ou référencer directement une Opération Equipement.

Figure 11 – Procédure Unité PFC

Le signe « + » placé dans le coin supérieur droit de l’élément procédural indique l’encapsulation d’un PFC de niveau inférieur. Par exemple, l’Opération Initialise référence une Opération Equipement, il ne contient donc pas de Phases Recette. Toutes les autres Opérations encapsulent des PFCs, et donc des Phases.

L’utilisation de Transitions Implicites après les Opérations Initialise et Charge permet une représentation concise : la première partie du graphe se lit comme une liste.

Les Transitions Explicites sous le symbole de sélection (barre horizontale) sont évidement obligatoires.

PFC « Procédure Recette »

Les besoins de descriptions de la Procédure Unité et de la Procédure Opération ne sont pas très différents. Par contre, la représentation de la Procédure Recette diffère sensiblement des 2 précédentes.

La Procédure Recette orchestre l’exécution d’activités asynchrones (par exemple les Procédures Unité) qui ont des points de synchronisation, des transferts de matières et des Exigences Equipements.

En tant que plus haut niveau de la Procédure, il est nécessaire de fournir le maximum d’information au plus au niveau d’abstraction possible. La Figure 12 présente un exemple d’une Procédure Recette simple.

Figure 12 – Procédure Recette PFC

Allocation des ressources

Le symbole d’allocation de ressources représente un élément procédural qui contient les Exigences Equipements (et autres ressources telles que personnel, matières, énergie) pour la Procédure Unité qui le suit. Il s’agit des règles d’allocation constituées par exemple d’une liste des équipements utilisables pour l’exécution de cette Procédure Unité. L’exécution de l’élément doit entraîner l’allocation des ressources nécessaires (en particulier les Modules Equipement) par un arbitrage manuel ou calculé par un système d’ordonnancement. La forme du symbole et son objectif sont normalisés, par contre le contenu est laissé à l’appréciation de l’implémentation.

Lorsqu’une Transition Explicite suit le symbole d’allocation, elle représente les conditions de lancement de la Procédure Unité. Dans notre exemple, la Procédure Unité Préparation démarre dès que l’élément d’allocation est exécuté, tandis que la Procédure Unité Réaction exige un acquittement de l’opérateur pour démarrer.

Lorsque les 2 Procédures Unité sont terminées, le symbole de fin de séquences simultanées (convergence ET) permet au graphe d’atteindre le symbole Fin et l’exécution de la Recette se termine.

Une représentation incomplète

La Figure 12 semble indiquer que les 2 Procédures Unité fonctionnent simultanément. Cette représentation est incomplète : en généralisant, toutes les Procédures Unité devraient être placées dans le même jeu de séquences parallèles. De plus, les points de synchronisation et les mouvements de matières ne sont pas représentés. La première solution qui vient à l’esprit pour tenter de résoudre ce problème serait de décrire les Procédures Unités en série comme dans une liste (Figure 13). Cette méthode ne convient pas, car elle impose des points de synchronisation tels que la première Procédure Unité soit terminée avant que la seconde puisse démarrer. Elle ne résout pas non plus le problème de la description des transferts de matières.

Figure 13- Procédure Recette "Série"

Durée relative et Synchronisations

Le défi consistait donc à trouver une méthode capable de représenter une large structure de séquences simultanées. L’application des diagrammes de Gantt sur un axe vertical avec une échelle de temps relative le permettait.

On a tout simplement allongé les éléments procéduraux comme sur un diagramme de Gantt. La Figure 14 montre la même Procédure Recette « étirée » pour montrer les relations et points de synchronisation.

On peut noter que ni l’instant absolu de l’exécution d’un élément procédural ni sa durée ne sont connus dans la Recette (des informations statistiques de durée pour la planification et les calculs de coût prévisionnels pourraient éventuellement être récupérées). La longueur de l’élément procédural est donc purement relative et n’a pas de rôle fonctionnel.

La taille des 2 Procédures Unité est telle qu’elle permet de montrer que la Procédure Unité Préparation est d’abord lancée et qu’à un moment donné de son exécution, le processus d’allocation de la Procédure Unité Réaction est exécuté. Ensuite, lorsque l’opérateur a validé les conditions de démarrage, la Procédure Unité Réaction est démarrée. Plus tard, un peu avant la fin de la Préparation et un peu après le démarrage de la Réaction, un transfert matières s’effectue entre la cuve et le réacteur respectivement alloués à la Préparation et à la Réaction. Le transfert se poursuit pendant quelque temps et la Réaction se poursuit. Lorsque les 2 Procédures sont terminées, la Recette se termine.

Figure 14 – Extension des Eléments Procéduraux et synchronisation

Une représentation multi-niveaux plus précise

Bien que relativement vague sur les événements, la Figure 14 fournit plus d’information que la Figure 12. On peut aller plus loin en montrant plusieurs niveaux sur le même PFC comme sur la Figure 15. Les symboles des Procédures Unité ont été dilatés et les PFC qu’elles encapsulent sont représentées à l’intérieur. On voit à présent que les 2 Procédures Unité Préparation et Réaction ont chacune 4 Opérations. On peut observer que le point de synchronisation S1 concerne le prélèvement d’échantillon dans la cuve de préparation tandis que le transfert de matière T1 est effectué par les Opérations Transfert du Réacteur (Procédure Unité Préparation) et Transfert de Préparation (Procédure Unité Réaction)

Figure 15 – Détail de l’encapsulation

Autres règles du PFC

La notation PFC a pour objet de favoriser l’échange des données de Recette entre systèmes et de rendre plus facile l’apprentissage d’un nouveau système batch. Toutefois, il est reconnu qu’aucun paradigme n’est définitif et que l’évolution et l’innovation se poursuivront. Par conséquent, la norme permet d’étendre la notation PFC. La seule exigence est que les extensions soient clairement définies.

La Procédure est le ciment qui unit les différentes catégories d’information de la Recette au sein de chaque élément procédural. La norme n’impose pas la représentation de ces informations. Les exemples ont montré une représentation possible des paramètres de la formule et des conditions des transitions. La description de l’en-tête de Recette et des « Autres Informations » peuvent faire l’objet de larges divergences dans l’implémentation.

 

En résumé

La notation Procedure Function Chart propose une méthode normalisée et indépendante du fournisseur pour la description de la Procédure de la Recette. Cette indépendance est assurée par le fait que la méthode a été développée sur la base de multiples méthodes et normes connues ou utilisées et en diffère suffisamment de telle sorte qu’aucun fournisseur n’est avantagé. Un panel large et diversifié de fournisseurs et d’utilisateurs a conduit son développement et cette notation représente un consensus accepté par toutes les parties. Il est attendu de la notation PFC qu’elle

Supporte une méthode normalisée pour les échanges de données entre systèmes

Permette une communication efficace entre les acteurs pendant toutes les phases des projets

Raccourcisse la courbe d’apprentissage des auteurs de Recettes, et des opérateurs lorsqu’ils ont à mettre en œuvre différents systèmes

Cette présentation a été réalisée à partir de larges extraits d’une présentation de David Emerson[10].

 

Regard S88/S95 sur le(s) cycle(s) de vie du système de PRODUCTION

Jean Vieille

Consultant

4, rue des Ecrivains BP46 - 67061 Strasbourg cedex (France)

jean-vieille@usa.net http://www.jvieille.homepage.com

 

 

Résumé

Au delà des aspects purement techniques de leur mise en oeuvre, l’application des normes S88 et S95 facilite une vision globale et proactive de la gestion du cycle de vie du système de production des entreprises manufacturières.

Ce cycle de vie s’accorde sur 3 rythmes fondamentaux : l’ingénierie des ressources de production, l’ingénierie des produits et le programme de fabrication. Le découplage des contraintes de ces 3 cycles est une condition essentielle pour la réactivité du système de production de l’entreprise.

Cette présentation propose une vision coordonnée de ces cycles sous l’éclairage des normes ISA.

Introduction

Si l’amélioration de la productivité demeure un objectif incontournable (pour combien de temps encore ?) pour la justification du capital investi, la prise en compte des besoins du consommateur en tant qu’élément de la valeur ajoutée arrive à présent au devant de toutes les préoccupations de l’Entreprise. Le principal moteur de cette évolution est la croissance exponentielle du commerce électronique qui libère totalement la liberté de choix du consommateur.

La survie et la performance de l’Entreprise reposent maintenant pour l’essentiel sur sa capacité de réaction aux besoins du marché et du client.

Il en résulte une concentration de l’Entreprise sur son cœur de métier pour répondre de la manière la plus appropriée possible à ces besoins ou ces attentes. Les logiques de gestion des stocks et d’investissement prévisionnel en ressources de production s’effacent au profit d’une politique du Juste-à-Temps dans laquelle la mobilisation des ressources n’est plus une contrainte, mais une tâche logistique au même titre que l’approvisionnement des matières ou la livraison des produits.

Idéalement, l’Entreprise qui veut introduire un nouveau produit (ou adapter un produit existant) doit développer ce produit « à capacité infinie » et mobiliser le moment venu les ressources nécessaires dans son propre système de production ou sur un marché en pleine ouverture d’externalisation (outsourcing) des ressources de production. Si la situation ne semble pas idéale du point de vue des coûts, elle est justifiée par le fait que le client est prêt à payer plus cher le produit qui arrive le plus vite pour satisfaire ses attentes et parce que le raccourcissement de la durée de vie du produit ne permet plus de justifier les investissements nécessaires en capital. Pour reprendre le discours de Michael Saucier, Le cas limite est l’ « Entreprise de Produit » en contact avec le consommateur qui paiera la totalité de la valeur ajoutée. Elle conçoit les produits et organise leur fabrication pour les délivrer dans les conditions de délais, coût et qualité attendues par le marché et les clients, mais elle ne « possède » aucune des ressources nécessaires pour produire.

D’un autre côté, les Entreprises pourront réorienter l’exploitation de leur ressources de production pour les mettre à la disposition d’un marché dans lequel puiseront les « Entreprises de Produit ». Ces « Entreprises de Production » vont intervenir dans les processus de fabrication selon les « fonctions processus » qu’elle peuvent offrir, leur capacité et leur disponibilité. Ce schéma, qui pousse à l’extrême le principe de la sous-traitance, est déjà classique dans certaines industries (Internet, Semi conducteurs, electro-ménager…)

Dans ces conditions, le système de production est un maillon essentiel d’une « Entreprise virtuelle » composée d’entités multiples « Produits » et « Production ». Pas seulement parce qu’il génère une part importante de la valeur ajoutée (même si elle tend à diminuer), mais surtout parce qu’il se trouve sur le chemin critique des processus fondamentaux d’activité de la chaîne logistique. Ce découplage des fonctions de production impose un pilotage efficace :

 

Sur le plan tactique (traitement des ordres de production)

Comme sur le plan stratégique (amélioration et mise sur le marché de nouveaux produits)

 

L’ingénierie traditionnelle, enfermée dans une dépendance planifiée des cycles de conception du produit, de l’outil de production et de la planification opérationnelle de la production, doit évoluer pour s’adapter à ces nouvelles exigences.

Nous examinerons les apports des normes ISA S88 et S95 dans la mise en œuvre de l’Entreprise ainsi remodelée.

Ces réflexions s’adressent d’abord aux industries de processus et s’appuient sur les idées qui prévalent au sein des groupes ISA SP88 et SP95, partagées par d’autres auteurs.

 

Ingénierie traditionnelle du système de production

 

 

En observant l’exemple d’un cycle en « V » représentatif de l’ingénierie traditionnelle, on observe que :

Les spécifications du processus sont un préalable nécessaire pour développer le système de production qui ne peut être qualifié qu’en fin de projet « one-shot »

L’ensemble du système de production doit être préalablement conçu pour répondre au design initial du processus : toute variation du processus peut entraîner une remise en cause du système. En généralisant, si le système de production est conçu pour plusieurs processus, tous les éléments de cette flexibilité doivent être définis préalablement à l’implantation.

Mise à part une précédence chronologique, il n’existe aucune interactivité avec la phase opérationnelle de la vie de l’installation : on ne peut démarrer la production que lorsque toutes les fonctions nécessaires ont été implémentées, le procédé est conçu « pour durer », sa remise en cause est coûteuse et passe par un cycle de complet d’ingénierie.

La sous-traitance représente un premier pas vers le concept évoqué dans l’introduction. Mais elle est définie de façon statique lors de l’ingénierie globale Produit+Ressource : elle intervient souvent dans les processus secondaires où elle est traitée « à capacité infinie ».

 

Les trois cycles de vie du système de production

Dans cette étude, les contraintes qui lient le système de production aux fournisseurs ne sont pas remise en cause, et n’apparaîtront pas.

Nous venons de voir que l’ingénierie traditionnelle des installations s’appuyait sur les besoins spécifiques et exclusifs du produit à fabriquer.

La vision binaire précédente (construction du système pour le produit, fabrication du produit) ne permet pas à l’Entreprise de répondre à ses nouveaux défis. Nous devons mettre en oeuvre un modèle de conception et de comportement du système de production qui corresponde à de nouvelles exigences. En décomposant l’ingénierie traditionnelle en deux éléments, on définit trois cycles de

base qui rythment la vie du système de production.

L’ingénierie du produit qui décrit le produit et ses règles génériques de fabrications :

Elle réagit aux besoins du marché en mobilisant la fonction R&D.

Elle présente des phases de création et d’exploitation de durée très variables : souvent très courtes pour les biens de consommation, très longues pour les produits pharmaceutiques.

L’enjeu peut être stratégique lorsqu’il s’agit d’aborder de nouveaux marchés, mais devient de plus en plus tactique lorsque l’Entreprise doit réagir à l’évolution constatée de la demande.

L’ingénierie des ressources de production

Elle représente le processus de gestion des actifs physiques du système de production et correspond à un cycle de vie caractérisé par :

Une phase de construction relativement lourde qui mobilise des capitaux importants

Une phase d’exploitation très longue (parfois plusieurs dizaines d’années)

Une justification dans une démarche stratégique globale à long terme de l’Entreprise.

Un sous-cycle de la Maintenance qui affecte les performances, le coût d’exploitation et la disponibilité.

Des spécifications en terme de capabilités, mobilisation de main d’œuvre et consommation d’énergie

Le programme de production

Ses caractéristiques sont très variables selon le type de production (continue, discontinue, discrète), avec une période relativement courte en regard des deux cycles précédents. Il se déroule de manière successive pendant toute la durée d’existence du produit en s’appuyant sur l’ingénierie du produit et sur les ressources de production pour piloter les flux de matières.

Les objectifs fixés par la planification doivent être accomplis par le système de production dans les meilleures conditions de performance (qualité, coût, respect des délais).

 

Pilotage par le Marché et les Clients

Considérons à présent la façon dont ces cycles interagissent face aux besoins du marché.

Si les procédés de fabrication sont à l’origine de la conception initiale du système de production, l’Entreprise devra être capable de le faire évoluer dans des conditions optimales  lorsqu‘elle mettra en œuvre de nouveaux processus:

Soit par une évolution cohérente de ses propres ressources,

Soit en organisant efficacement la mobilisation de ressources externes.

Dans le premier cas, on cherchera à créer un environnement favorable aux projets d’ingénierie en minimisant les effets de l’évolution sur les ressources non concernées. Le cycle de vie sera déterminé par les contraintes traditionnelles de l’ingénierie.

Dans le second cas, le processus de fabrication se déroulera partiellement ou totalement à l’extérieur de l’entreprise. Le système est beaucoup plus réactif, tandis que la gestion des flux logistiques et informatifs devient critique.

Sur la figure ci-dessous, on met en évidence certaines dépendances :

La demande Stratégique du Marché pilote l’Ingénierie Produit

L’ingénierie Produit détermine l’ingénierie des Ressources de Production

La planification opérationnelle répond à la demande réelle ou prévisionnelle et détermine le Programme de Production, lui-même représentatif de l ‘état actuel de la production vis-à-vis du demandeur (le Client)

 

Le programme de production s’appuie sur L’ingénierie du Produit (Comment fabriquer) et sur l’ingénierie des Ressources (quelles sont les ressources disponibles ?), il est contraint par les deux.

Des cycles asynchrones traditionnellement dépendants

Le couplage entre les ingénieries du produit et des ressources est un handicap pour l’Entreprise Réactive. La figure ci-dessous donne un exemple de déroulement des 3 cycles :

La demande stratégique déclenche le lancement simultané de 2 produits P1 et P2 et le développement des ressources correspondantes R1 et R2.

La demande tactique (basée sur les commandes, les prévisions et la disponibilité des ressources opérationnelles et matières) déclenche les ordres de production.

On observe que :

Le programme de production ne peut évidemment s’exécuter que lorsque les modes opératoires et les ressources sont disponibles

L’ingénierie des ressources est sur le chemin critique de la mise sur le marché et suit généralement celle du produit (cas du produit 2), mais elle peut la recouvrir partiellement pour tenter de raccourcir le délais de mise sur le marché. On a pu observer des situations ou l’usine terminée n’avait rien à produire suite à un abandon tardif du produit.

La phase opérationnelle de disponibilité des ressources est généralement supérieure à celle du produit (produit 2), mais la situation inverse