« Pour les fabricants comme pour les
distributeurs, l'efficacité des opérations de supply chain
représente l'un des principaux gisements de progrès. »
Gwenaël Loussouarn, spécialiste RFID chez Ineum
Consulting, travaille fréquemment à l'optimisation des processus
liés à la gestion de la chaîne logistique globale (GCL) - ou s
upply chain.
L'information en temps réel produite par la RFID améliore, en effet,
la visibilité tout au long de la chaîne logistique.
De l'approvisionnement à la vente au détail, en
passant par la fabrication et la distribution, les applications RFID
optimisent l'utilisation des actifs (espaces de stockage, palettes,
etc.) et augmentent le chiffre d'affaires (meilleure disponibilité des
produits en lieu de vente, perfectionnement du service client). Elles
réduisent également les coûts d'opération (automatisation de tâches,
réduction du temps de picking,
précision des envois et des réceptions, meilleur
pilotage du cross-docking
) tout en améliorant la sécurité (diminution des
vols, rappels de produits facilités) et les contrôles qualité.
L'analyse du comportement du client en ligne de mire
« Les bénéfices apportés par la RFID sont
d'autant plus importants que le niveau de suivi des éléments est fin »
, estime ainsi Gwenaël Loussouarn. Autrement
dit, un étiquetage RFID au stade de la palette ne permet pas autant de
bénéfices qu'un étiquetage effectué directement sur les articles
commercialisés. L'exemple de la démarque inconnue illustre bien ce
principe : le vol de carton ne peut être détecté au niveau de la
palette, et celui d'un article ne peut l'être au niveau d'un carton.
Stade ultime dans le développement de la
technologie, le suivi de l'article servira à terme, par exemple, à
optimiser les promotions et la fixation du prix en magasin
(pricing),
ou à analyser le comportement du consommateur.
« Les fabricants voient dans la RFID un moyen
de mieux connaître leurs clients, tout en court-circuitant la grande
distribution » , observe même Armelle
Carminati-Rabasse, partenaire distribution chez Accenture.
Toutefois, cette amélioration de la granularité
dans la RFID dépendra de la baisse plus ou moins rapide du prix des
étiquettes, qui représentent encore souvent l'essentiel du coût des
projets. Payées entre 1 et 20 euros l'unité, les premières étiquettes
(souvent des tags actifs) ont servi à tracer des objets dans des
systèmes fermés, tels que des contenants réutilisables (fûts de bière
Scottish Courage, bonbonnes de gaz Air Liquide, palettes Chep) ou des
biens loués (linge professionnel, DVD, livres). Grâce à la baisse du
coût des étiquettes, la possibilité de les jeter après une seule
utilisation laisse envisager leur application directement sur les
articles.
Le coût de la technologie n'est pas, bien sûr,
le seul critère pour décider d'une mise en oeuvre.
« La RFID transforme les processus en
profondeur et ne doit pas être pensée à processus constant »
, souligne Kathryn Gramling, RFID EMEA leader
pour IBM BCS. Par exemple, un industriel qui réduit de deux heures à
vingt minutes le temps de remplissage de ses camions pourra envisager
de diminuer la taille de son centre de distribution et de raccourcir
son cycle « order-to-cash »
(depuis la prise de commande jusqu'au
recouvrement de la facture).
Globalement, la RFID peut être perçue comme un
facilitateur d'intégration de processus métier de bout en bout
(automatisation de procédés manuels, rationalisation de processus et
amélioration des délais de commande), ainsi qu'un moyen
d'automatisation de la réponse aux différentes opportunités de marché
(inventaire en temps réel et prévisionnel, production juste à temps).
« La RFID pourrait relancer la collaboration
entre fournisseurs et distributeurs »
, estime même Christophe Heurtevent, directeur du Store on Demand chez
IBM BCS.

Plusieurs opportunités de mises en oeuvre
Kathryn Gramling considère qu'actuellement les
applications liées à la supply chain représentent la demande la plus
importante des clients européens d'IBM en matière de RFID. D'après
elle, les centres de distribution peuvent accroître leur productivité
de 10 à 20 % grâce à cette technologie et bénéficier d'une précision
d'inventaires et d'expédition proche des 100 %. En points de vente, la
productivité augmenterait de 5 % avec un étiquetage au niveau des
caisses, et de 7 % avec un étiquetage sur les articles.
Si CSC confirme le dynamisme de la technologie
RFID dans la supply chain,
la SSII américaine lui voit aussi un bel avenir
dans « la pharmacie, les équipements
aéroportuaires, le luxe ou l'accès aux frontières. Ces secteurs font
également partie de nos cibles » ,
comme l'explique Pascal Nacache, directeur de projet dans la branche
distribution. Associée en France à la société de conseil ADCC, c'est
encore dans la distribution que CSC vient récemment de trouver de
nouvelles opportunités de mise en oeuvre RFID.
Un secteur particulièrement dynamique depuis que
l'américain WalMart et les européens Metro et Tesco ont lancé des
programmes visant à faire adopter l'utilisation de la RFID par leurs
principaux fournisseurs (lire 01
Informatique n° 1772). A partir de
janvier 2005, une autre échéance viendra sans doute accélérer ce
phénomène d'adoption. A l'image du
Bioterrorism Act 2002, qui impose aux
transporteurs, distributeurs et importateurs américains de denrées
alimentaires de conserver la trace de l'ensemble de leurs transactions
et de les mettre éventuellement à la disposition de la
Food and Drug Administration
sous quatre heures (huit heures pendant les
soirs et le week-end), la directive 178/2002 article 18 de l'Union
européenne demandera un nouvel effort de traçabilité sur les produits
agricoles à partir du 15 janvier prochain. L'occasion pour les
fournisseurs concernés d'évaluer les solutions RFID à leur disposition
et, surtout, d'identifier les processus de la chaîne logistique qui
pourraient être rationalisés avec leur adoption.

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Les applications RFID
attendues par les industriels |
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(applications RFID que les fournisseurs
de la grande distribution souhaiteraient le plus mettre en oeuvre,
sur une échelle de 1 à 5) |
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Les fournisseurs de la grande distribution
souhaitent prioritairement mettre en oeuvre les applications RFID
de gestion d'inventaire ou de localisation et de suivi. Ils
s'intéressent moins à la gestion d'entrepôt et à la rupture de
stocks, pourtant estimées parmi les applications RFID les plus
matures par Accenture. |
pour approfondir :
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facilitationgeststock_rfidchainelog2.php
La
suite de l'article :
La RFID améliore la visibilité le long de la chaîne logistique
page 3
facilitationgeststock_rfidchainelog3.htm
pour approfondir :
Un
projet rentabilisé en moins d'un an, page
1
optimisationbacs_dexpedition_rfid1.php
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