Ordinateurs : le
cimetière indien
Un
reportage d’Agathe Delesalle
Une coproduction France 3 / Thalassa
/ Babel Press.
En Inde, les vieux ordinateurs,
venus par bateau du monde entier,
finissent dans la rue. A même le
trottoir, les « travailleurs »
dépècent les écrans, les disques
durs, les circuits électroniques,
les câbles, les claviers, pour
récupérer et revendre quelques
grammes de plastique, de fer, de
cuivre ou d’aluminium, pour un
salaire de 60 euros par mois. Il
n’existe aucune filière de
récupération des ordinateurs
usagers ; aucune filière officielle
de recyclage. Mais les ordinateurs
sont des réservoirs de matières
dangereuses : plomb, mercure,
cadmium… autant de produits nocifs
avec lesquels les ouvriers de la rue
sont en contact direct, sans aucune
protection. Pour gagner quelques
roupies, ils n’hésitent pas à se
livrer à des opérations illégales,
dangereuses et polluantes, dont les
terribles bains d’acide, une
pratique taboue qui peut avoir des
conséquences irréversibles sur leur
santé.
Pour les pays occidentaux, le calcul
est vite fait : il leur coûte dix
fois moins cher d’exporter leurs
déchets informatiques en Inde, que
de les recycler sur leur territoire.
Beaucoup sont donc tentés de les
envoyer en Asie, au mépris des
accords internationaux sur le
commerce des substances dangereuses.
Pour contourner les lois et les
douanes, des filières se sont
organisées à l’échelle planétaire.